17 mai 2021

Hilary Jones

Hilary Jones, une autre grande dame de la batterie.

Vous la retrouvez souvent derrière les fûts de Robben Ford, et autant vous dire qu’elle ne plaisante pas : ça joue et ça swingue !

Hilary est peut être moins connue du grand public, surtout en France, mais elle mérite toute notre attention.

Nous la remercions vivement pour la disponibilité qu’elle nous a accordée malgré sa tournée à travers les USA !

Enjoy !

 

Tob : Tu as commencé ta carrière professionnelle à 16 ans. Comment est née ta passion pour la batterie ?

 

HJ : Je ne suis pas vraiment sure de la manière dont j’ai découvert la batterie. Je crois que c’est parce qu’un jour jai vu Buddy Rich à la télé, mais mes parents disent que toute petite je tapais déjà sur tout ce qui m’entourait. Mes sœurs ainées écoutaient la radio à fond et chantaient, dansaient et s’amusaient beaucoup. C’est donc venu très naturellement car j’ai toujours baigné dans la musique.

 

 

Tob : Quel age avais-tu quand tu as commencé à jouer ?

 

HJ : J’ai eu mon premier kit à 14 ans. Quelques années plus tôt j’avais rejoint un corps de percussions dans lequel j’ai appris tous les rudiments. Ce fut une excellente manière de commencer, car lorsque j’ai eu ma batterie mes mains étaient déjà très habiles. Ce fut une structure d’apprentissage régie par la discipline et cela m’a donné de bonnes bases dans mes habitudes de travail.

 

Tob : Tu as joué dans l’armée. Que t’as apportée cette expérience ?

 

HJ : En fait c’était dans l’armée des Etats Unis. J’ai joué dans un groupe à San Francisco et ce fut une belle expérience. Cela m’a juste apporté cela … Beaucoup d’expérience ! On me demandait de jouer tellement de styles différents, du big band, des petites formations jazz, du rock, du funk, de la musique latine. Cela a vraiment contribué à améliorer ma formation car je jouais en concert et je m’entrainais tout le temps.

 

Tob : tu joues sur une DW, peux tu nous décrire ton set ?

 

HJ : Certainement. Habituellement, je joue un kit standard de 5 fûts. Les tailles des fûts sont : grosse-caisse de 22″x18″, des toms de 12″x8″ et 13″x9″, ainsi qu’un tom basse de 15″x13″. Ma caisse-claire est standard : 14″x5″. Cependant, dernièrement, j’utilisais une configuration 4 fûts avec juste le tom de 12″ monté sur la grosse-caisse. J’utilise également des cymbales Zildjian, et j’ai un panel de choix très vaste, en fonction du type de musique que je joue, mais pour le moment j’utilise une ride K Medium de 22″, une crash K Custom de 18″, une crash Custom de 19″ et un charleston K en 15″.

 

Tob : As tu déjà senti qu’on attendait plus de toi du fait que tu es une femme ?

 

HJ : Non pas vraiment. J’ai toujours été exigente avec moi-même donc je me concentre sur ce que je fais et j’essaie de le faire du mieux que je peux. Jouer bien c’est jouer bien , que tu sois homme ou femme.

 

Tob : Comment expliques-tu qu’il n’y ait pas beaucoup de batteuses qui tournent au niveau international ?

 

HJ : Je ne sais pas trop l’expliquer . C’est curieux mais je n’y ai jamais trop réfléchi non plus. Peut être qu’il n’y a pas beaucoup de filles attirées par la batterie ou qu’il y en a mais qu’elles ne font pas toutes carrière par choix personnel. Pour celles qui le font, j’ai entendu des joueuses excellentes.

 

Tob : Quels conseils donnerais tu à une jeune batteuse qui aimerait devenir professionnelle dans un monde toujours régi par les hommes ?

 

HJ : Je dirais la même chose à une fille qu’à un garçon : il faut s’entrainer avec rigueur, écouter beaucoup de styles de musique différents, et essayer de jouer avec d’autres musiciens aussi souvent que possible. Faire son entrée dans le monde musical professionnel n’est pas chose facile, de même qu’arriver à en vivre. Cela implique beaucoup de travail et tout le monde essuie des echecs. Il faut juste avancer et continuer les efforts. Je n’ai jamais pensé que je pourrais avoir moins de chances parce que j’étais une femme, pour moi une telle pensée n’est pas positive, tu te sabotes toute seule en pensant ça, donc je ne dirais jamais cela à une jeune batteuse. Le meilleur conseil que je puisse donner c’est : fais du mieux que tu peux. Travaille ta technique et ta progression et ne reste pas bloquée sur ce qui te parait être un obstacle .

 

Tob : en tant que musicienne, est il parfois difficile de concilier ta vie professionnelle avec ta vie privée ?

 

HJ : Plus je vieillis, plus je me dis que la chose que je trouve de plus en plus difficile à concilier est le temps passé loin de ceux que j’aime. Par moment, cette profession demande de beaucoup voyager, et j’aime ça. Mais après un certain temps passé à l’étranger, je deviens un peu nostalgique, ce qui est naturel je suppose.

 

Tob : la batterie est ton principal moyen d’expression, as tu d’autres cordes à ton arc ?

 

HJ : Oui : j’écris et je chante également. Mon premier CD solo est sorti il y a quelques années et je tiens énormément à en faire un autre pour donner suite au premier. je trouve cela très gratifiant. Le fait de composer ouvre réellement un nouveau et merveilleux monde pour s’exprimer !

 

Tob : Si tu avais la possibilité de créer ton propre groupe de rêve, quel style de musique jouerais-tu, et qui sont les musiciens que tu souhaiterais avoir dans ton groupe ? Imagine que tu pourrais vraiment choisir n’importe quelle personne parmi celles que tu admires !

 

HJ : C’est une question à laquelle il est difficile de répondre parce qu’il y en a tant que j’admire. Comment je pourrais choisir ? (rires). Je suppose que, d’un point de vue stylistique, la musique serait éclectique… Des chansons fortes avec également des opportunités pour improviser. Ce groupe de rêve incluerait Joni Mitchell, Herbie Hancock, Jeff Beck, Jan Hammer, Sting, Peter Gabriel, Elton John, Eric Clapton, Paul Rodgers, Bela Fleck, et Michael Brecker ! Mais il y a quelques groupes dans lesquels j’aimerais être… Les groupes d’Elton John, Sting, et Paul McCartney. J’aime les chansons et les grands auteurs, par conséquent jouer ces grands morceaux en concert serait sensationnel !

 

Tob : les artistes avec lesquels tu as pu jouer t’ont ils permis de t’exprimer librement d’un point de vue artistique ?

 

HJ : Plutôt, oui.

 

Tob : Tu as joué avec des artistes différents, des styles musicaux variés (Badi Assad, Lee Ritenour, et bien d’autres). Ton album Soaring part dans différentes directions aussi, peux-tu nous en dire un peu plus sur ton CD ?

 

HJ : Hé bien, comme je te le disais, c’est mon premier essai solo. Je suis vraiment fière de l’enregistrement et contente du produit final. Au fond, la musique représente le coeur des influences musicales avec lesquelles j’ai grandi : les racines de la musique Américaine. C’est un son très organique, fabriqué à l’ancienne, tout est enregistré en analogique plutôt quen numérique. Les styles qu’on retrouve dessus sont multiethniques, cependant il y a un fil conducteur au travers de l’album qui semble nouer le tout, c’est quelque chose qui vous emmène à bord d’un voyage musical pour vous ramener ensuite à la maison. C’est principalement instrumental mais j’ai repris deux morceaux chantés. Les gens me connaissent comme une instrumentiste, mais je voulais les introduire au fait que je chante également, c’est pourquoi j’ai inclus ces morceaux. C’était très amusant et je suis impatiente de faire le prochain !

 

Tob : Ton album est-il vendu en France ? Il semble qu’il soit particulièrement difficile à trouver ici.

 

HJ : Pour le moment, vous ne pouvez l’avoir que par mon biais. Toute personne intéressée peut m’en faire la demande par mail à l’adresse suivante: rocknrolljones@hotmail.com

 

 

 

Tob : As tu réalisé une vidéo pédagogique ?

 

HJ : Pas encore. C’est quelque chose que j’aimerais vraiment faire, alors j’espère que cela va arriver bientôt.

 

Tob : Est ce que les batteurs et batteuses français(es) auront bientôt l’occasion de te voir quelque part en France ?

 

HJ : Si je tourne là-bas, oui. Généralement, je ne sais pas où je vais aller tant que je n’ai pas reçu un itinéraire de tournée… (rires). Peut-être cette année ? J’adorerais voir Paris puisque je n’y suis jamais allée. Je suis allée dans plein d’endroits en France, mais jamais à Paris ! Tu y crois ?

 

Tob : as tu des projets en cours ?

 

HJ : Oui bien sûr. J’ai fini un CD il y a quelques temps : un trio composé du bassiste Andy West (issu à la base du groupe Dixie Dregs), moi-même, et Joaquin Lievano à la guitare (à la base du groupe de Jean Luc Ponty) . Le projet s’appelle FWAP et est instrumental avec quelques voix (chantées par Joaquin). La musique est intéressante et j’ai pris beaucoup de plaisir à travailler dessus !
Il y a un autre projet sur lequel je vais commencer à travailler cette année, mais il est encore trop tôt pour le décrire.

 

Tob : nous arrivons à la fin de notre interview, voici notre question traditionnelle : si tu pouvais boire un coup avec la personne de ton choix, morte ou vivante, qui serait-ce et pourquoi ?

 

HJ : Thomas Jefferson. Parce que j’adorerais parler avec un des grands pères fondateurs de mon pays.

 

Tob : Toute l’équipe de La Toile des Batteurs te remercie beaucoup d’avoir répondu à nos questions, et biensur, nous te souhaitons nos meilleurs voeux de réussite pour tes futurs projets !

 

HJ : Merci beaucoup. C’était un honneur et un plaisir de parler avec vous. Merci de m’accorder la chance de participer au projet La Toile des Batteurs !

 

 

www.hilaryjones.com

www.drummerworld.com

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Nala – Décembre 2005

Traduction : Floyd & DefLep

REPORTAGE : Hilary JONES

Par Nala et toute l’équipe – Décembre 2005

 

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